Le style Louis XIV

Style Louis XIV, arts visuels produits en France sous le règne de Louis XIV (1638-1715). L’homme le plus influent dans la peinture française de l’époque est Nicolas Poussin. Bien que Poussin lui-même ait vécu en Italie pendant la plus grande partie de sa vie d’adulte, ses amis parisiens lui commandèrent des œuvres à travers lesquelles il fit connaître son classicisme aux peintres français. En 1648, le peintre Charles Le Brun, assisté du roi, fonde l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture, une organisation qui dicte le style à tel point qu’elle contrôle pratiquement la fortune de tous les artistes français pour le reste du règne. La sculpture française atteint un nouveau sommet à cette époque, après la médiocrité de la première moitié du siècle. François Girardon était l’un des favoris du roi et a réalisé plusieurs portraits de lui, ainsi que la tombe du cardinal de Richelieu. Antoine Coysevox reçut également des commandes royales, dont la tombe du cardinal Mazarin, tandis que Pierre Puget, dont l’œuvre montrait de fortes influences baroques italiennes, n’était pas aussi bien accueilli à la cour.

Les Gobelins, la fabrication

A l’usine des Gobelins, fondée par Louis pour la production de meubles de luxe et d’ameublement pour les palais royaux et les bâtiments publics, un style national d’arts décoratifs s’est développé qui a rapidement étendu son influence aux pays voisins. Les meubles, par exemple, étaient plaqués d’écaille de tortue ou de bois étrangers, incrustés de laiton, d’étain et d’ivoire, ou fortement dorés sur toute leur surface ; de lourds supports en bronze doré protégeaient les coins et autres pièces des frottements et des manipulations brusques et leur fournissaient un ornement supplémentaire. Le nom d’André-Charles Boulle est particulièrement associé à ce style de mobilier. Les motifs décoratifs courants de l’époque comprennent les coquillages, les satyres, les angelots, les festons et les guirlandes, les thèmes mythologiques, les cartouches (cadres ornementaux), les enroulements foliés et les dauphins.

La capacité du Roi à former un style « national » fort s’est manifestée notamment dans le domaine de l’architecture. L’année 1665 est cruciale pour l’histoire de l’art français, car c’est cette année-là que Gian Lorenzo Bernini arrive à Paris pour concevoir une nouvelle façade pour le Louvre. On décida cependant que le style baroque italien était incompatible avec le tempérament français, et le Louvre fut achevé selon les nouveaux principes du classicisme français.

Le Louvre et le Roi

Le Louvre est le projet du ministre de Louis Colbert ; l’intérêt du roi est à Ver-sailles, où, dans les années 1660, il commence à rénover un ancien pavillon de chasse, et le palais qui en résulte éblouit le monde entier. Jamais auparavant un seul homme n’avait tenté un projet architectural d’une telle envergure. Le résultat est un chef-d’œuvre de grandeur formelle et, parce que les arts étaient tous sous le contrôle rigide de l’État, chaque élément à Versailles a été supervisé et conçu pour s’inscrire dans l’ensemble. Versailles, bien qu’habituellement considéré par les Français comme un classique, peut être considéré comme l’ultime composition baroque, dans laquelle le mouvement est toujours présent mais toujours contenu.

L’élément le plus important à Versailles était l’aménagement paysager. André Le Nôtre, le plus grand artiste de l’histoire de l’architecture de paysage européenne, a travaillé avec le roi pour concevoir des vues, des fontaines et bien d’autres aménagements extérieurs. Versailles a eu un impact énorme sur le reste de l’Europe, tant artistique que psychologique, mais l’ensemble était si vaste que même la très longue vie de Louis XIV n’a pas eu assez d’années pour le voir achevé.

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